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Gaël Remise édite ses "Mèches Courtes"

Bande dessinée pour adultes

Première parution d’une œuvre de Gaël Remise, "les mèches courtes" aux éditions "Vertige Graphic"

Les Mèches CourtesDans un bidonville d’une ville tentaculaire, quelque part en Amérique latine, un chef mafieux fait régner le désordre, hors la loi. Dans le ventre de ce cloaque labyrinthique gargouille une colère rouge qui implose, stérile et meurtrière, pendant qu’une bande d’enfants farouches, innocences violées, fuit comme dans un cauchemar, en une course immobile et sans issue.

Vous l’avez compris, les Mèches courtes, ce premier tome de la trilogie des ventres creux, est une BD engagée dans un combat mal parti. L’âpreté du propos est édulcorée par un graphisme aquarellé dont la douceur et la fragilité restituent l’humanité perdue à cette société déliquescente.

Le scénariste de cette perle noire s’appelle Fabien Tillon. Journaliste, il a écrit trois ouvrages sur la bande dessinée : Goscinny (2005), Les mangas (2005) et Culture manga (2006). Il a collaboré à plusieurs magazines, dont « Cult » sur France 5, « Phosphore » et « Bodoi ».
Le dessinateur, quant à lui, est notre collègue et néanmoins ami, Gaël Remise, jeune auteur talentueux qui enseigne les Arts appliqués à nos côtés dans la section communication graphique.

Depuis sa formation à Émile Cohl où il obtint son diplôme en 1998, Gaël rêve d’éditer une bande dessinée. Il comprend rapidement, après quelques présentations sans succès de ses projets à des éditeurs variés, que, si son graphisme séduit, les histoires qu’il raconte sont moins convaincantes. En 2003, au festival d’Angoulême, il rencontre Fabien. Celui-ci a un projet déjà validé par Casterman, mais entre eux le courant passe et ils restent en contact. Un peu plus tard, Fabien, abandonné par son dessinateur, revient vers Gaël et lui propose son scénario. Gaël accepte. Le scénario de Fabien le déconcerte un peu, tant il est loin de son propre univers, mais il finit par se l’approprier et infléchit par son trait et ses couleurs la noirceur du récit. Après plusieurs déconvenues ils trouvent un éditeur « Vertige Graphic » et éditent enfin leur premier opus.

Deux autres tomes sont prévus. Le second se situera en Afrique. Gaël nous le promet plus léger et moins désespéré. Ensuite viendra l’Europe du Nord et sa déprise industrielle.

à partir du 21 mai à 16 heures vous pourrez écouter sur la chaîne « France Culture » l’émission « à plus d’un titre » dans laquelle Gaël et Fabien ont été interviewés.

Article paru le 13 mai 2010

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2 Messages de forum

  • Gaël Remise édite ses "Mèches Courtes"

    14 mai 08:08, par Catherine
    Très peu d’espoir dans cette histoire sombre qui montre la réalité des bidonvilles de certaines grandes villes d’Amérique du sud. La réalité est montrée sans concession. On est bien obligé de se dire que beaucoup d’enfants vivent réellement dans la violence et le mépris des adultes. C’est important de l’écrire. Le dessin de Gaël nous aide à traverser cette histoire sans rien lui enlever de son réalisme et de sa force. Certaines "pleines pages" sont saisissantes. J’ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs qui donnent beaucoup de densité à la mise en scène de l’histoire. Un grand bravo à notre collègue et ami Gaël ! On attend la suite avec impatience !

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  • Gaël Remise édite ses "Mèches Courtes"

    4 juin 13:56, par Marie-Pascale Excoffon

    « Les Mèches courtes » s’ouvre sur un monde où la pauvreté laisse suinter ses humeurs sordides.

    Nous sommes quelque part en Amérique Latine dans une de ces favelas où se côtoient désœuvrement, misère, gangs mafieux, police pourrie, orphelins et chats noirs errants. Symptômes d’une société sans loi, à bout de souffle... et qui exprime sa faim. Les plus truands veillent sur leurs trafics et font régner la terreur. Pour manger, il faut dealer ; pour vivre, il faut payer. Dans ce monde sans foi ni loi, les enfants sont chassés, brutalisés, affamés, froidement assassinés ou réduits à la prostitution. Ils sont les premières victimes de la violence qui gangrène ces lieux. La mort n’effraie plus, elle est omniprésente : un vieux « padre » se laisse dévorer par son cancer et sa solitude, car la vie n’a plus aucune valeur. Là-bas, les mèches sont trop courtes et une fois allumées on sait que la vie se compte en heure. De ce monde en sursis émerge un guide, un « che », nourri d’idées marxistes qui va tenter de secouer le joug et fomenter une révolution. Encore une mèche trop courte …

    Le scénario de Fabien Tillon campe des personnages amoraux frisant l’abjection. Aucun d’entre eux n’attire notre sympathie, ils sont les « déchets » d’un système dans lequel l’’extrême richesse jouxte la pauvreté sans aucune mauvaise conscience. La violence des mots échangés et les réflexions des enfants expriment l’inhumanité. Face à cette noirceur, les dessins très colorés de Gaël Remise offrent une forme de vie. Les traits évoquent la fiction de cette histoire. Certaines planches, sans case ou muette laissent entendre l’indicible. Quand la cruelle réalité ne s’exprime plus... Mais dans ce monde « à quoi ça sert d’être vivant ? » s’interroge le tout jeune Paulo, personnage principal des Mèches courtes. Le second volet de cette trilogie répondra-t-il à cette question ?

    Dans cet album, Fabien et Gaël brossent des tableaux entrecroisés de destins sans repères et sans idéaux. Cette BD dérange parce qu’elle nous rappelle que cet autre monde existe, plus ou moins loin de nous, et qu’il pourrait être le nôtre...

    A lire de 13 à 88 ans.

    Marie

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