De David VANN
2010, chez Gallmeister
191 pages
C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable.
Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.
Une tension insoutenable qui monte et nous étreint jusqu’au tournant dramatique de ce roman : acte manqué ? Peut-être, sûrement même, mais acte qui met fin à une huis clos étouffant dans lequel les rôles père-fils s’inversent et rendent le lendemain impossible à supporter. S’en suit une longue divagation hallucinée dans une nature souvent hostile qui pousse l’être humain dans ses ultimes retranchements et confrontations à son identité profonde. Un roman qui sonne comme un avertissement à ceux qui voudraient se confronter à la nature sans la connaître, en se croyant tout-puissant. Magistral !
Article paru le 20 juin 2010